L'oeuvre de Mackjoss

Le triste sort de l’humanité vient d’avoir raison du « Baobab » qui luttait jusqu’à, il y a un peu plus de 48 heures, contre la mort. Que de regrets traduits dans les différents commentaires enregistrés ci et là, commentaires partagés par des hommes et des femmes de toutes les générations, tant l’œuvre de l’artiste a traversé le temps à l’image de la chanson « le boucher ». Mackjoss, artiste engagé ? Témoin de son temps ? Moralisateur ? Faiseurs de rois ? Autant de questions qui taraudent les esprits lorsque son cheminement musical est revisité depuis les années d’avant les indépendances quand avec les Léon Mbou Yembi, il fréquentait le Lycée Félix Eboué, aujourd’hui devenu Lycée national Léon Mba. Il quittait l’internat pour se rendre au quartier « Derrière l’Hôpital » où il se produisait avec l’orchestre « Negro Tropical » qui sollicitera ses services lors d’une remarquable tournée à Lambaréné, tournée qui constituera une période charnière dans ce qui deviendra sa vie professionnelle qui se poursuivra sous d’autres fanions jusqu’aux « Massako » des Forces Terrestres et Navales gabonaises dont il deviendra le chef d’orchestre, groupe au sein duquel il atteindra le sommet de sa carrière.

Mackjoss n'est plus...

Le chanteur interprète du célèbre titre «Le Boucher» est décédé ce mardi 17 avril à l’âge de 72 ans, des suites d’une longue maladie au Centre hospitalier universitaire de Libreville, plus connu sous le nom d’hôpital général. Il est le père de Créol, chanteuse à succès de ces derniers temps, et de Brack, chanteur remarqué à The Voice Africa.


Il aura marqué le monde artistique et musical durant plusieurs décennies, depuis les indépendances, aussi bien accompagné de son orchestre Le Negro-Tropical qu’en solo. Jean-Christian Mboumba Makaya, plus connu sous le pseudonyme Mackjoss, s’est éteint ce 17 avril à Libreville. Des proches de l’icône de la rumba à la gabonaise indiquent qu’il se battait ces dernières années contre la maladie. Il avait 72 ans au moment de sa disparition.

LES ACTIVITÉS DE CHASSE ET PÊCHE

        La chasse et la pêche constituent les deux principales activités qui assurent la subsistance des peuples de ces aires culturelles. Il existe plusieurs façons de pratiquer la chasse et la pêche. Celles-ci sont liées aux domaines d'habitat des Punu (zone de forêt ou de savane).
1. La chasse
Selon la tradition, la chasse se fait à l'aide des pièges comme divuge, bidoke (pour les oiseaux), mavange (pour les rats, les chats huants, et les civettes), mabandu, minote (pour les gazelles, antilopes, et les sangliers), digèle (pour les singes) etc. L'introduction des armes à feu a diversifié ces pratiques de chasse. La chasse au fusil se substitue de plus en plus à la chasse aux pièges. Elle se déroule la nuit comme le jour. fi convient toutefois de faire mention de l'usage du pite, arc traditionnel à flèches empoisonnées par munaji, poison sans antidote. L'arbalète, bute bu mbanze, est une sorte de « cinq-cinq» utilisé pour la chasse des rats, oiseaux, entre autres. Ces deux types d'armes étaient utilisés par les guerriers bapunu dans leurs confrontations avec les colons. De nos jours les chasseurs utilisent des calibres « douze ».La stratégiedechasseest la suivante: La chasse est sélective. Le chasseur doit seulement tuer du gibier mâle. Dans le cas de la chasse aux éléphants, seul mutimbu nzagu, éléphant solitaire, entre en ligne de mire du chasseur. Mutimbu nzagu est un mâle abandonné par le troupeau. Les Punu l'appellent ainsi car la petite histoire nous dit:
Lors des rapports entre le mâle et la femelle, la femelle se met en aval de la colline et le mâle en rut en amont. Lorsque la femelle est prête, le mâle prend la femelle d'assaut pour le coït. Le rituel consiste en une course effrénée du mâle vers la femelle. Si la première tentative de pénétration avorte, celui-ci passe définitivement son chemin. Il deviendra mutimbu, c'est-à-dire un solitaire de la forêt en érection perpétuelle.
Ce genre d'éléphant dévaste les champs et déracine les arbres dans la forêt vierge. Si un éléphant est tué par un chasseur d'éléphants, murèle banzangu, les villageois sont tous conviés à prendre part au dépeçage. Un rite consacré est mis en application pour la circonstance: Le père ou la mère des jumeaux, kite, entonne un chant consacré aux jumeaux, puis un récital adressé aux génies. Les chants, les pas de danse viennent harmoniser le rituel. Les participants miment les gestes du chef de cérémonie dans un mouvement d'ensemble accompagné par des cris et pleurs d'enfants qui voient le gros éléphant pour lapremière fois. Le dépeçage du gibier se fait avec des machettes et des couteaux tranchants. Des fumoirs construits à l'occasion servent pour le séchage des parts de viande découpées, mapule. Un grand feu de bois est allumé pour accélérer la fumaison. Trois jours de camping dans la forêt sont souvent nécessairespour accomplirce rituel « d'après-chasse ». Mais dès que la viande commence à sécher, les transporteurs prennent miréri, paniers de transport, pour porter cette viande vers les marchés de la ville la plus proche. Chaque villageois rentre chez lui avec une part.
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2. La pêche
La pêche en eau douce est pratiquée par les femmes au moyen des nasses, bidube, mijonge qu'elles prennent soin de bourrer avec des feuilles de zingibéracées, majombu, des noix de palmes, ngatsi, et des fragments de termitières, tsalu. Les nasses sont plongées dans des sections de rivière, en eau profonde, bitsibe, et tout au long des barrages, kagu. Une autre pratique de pêche artisanale consiste à diluer une substance enivrante en amont des rivières poissonneuses. La pêche prend une tournure quasi rituelle. Pendant quelques jours, des familles quittent le village pour aller camper en forêt dans des endroits aménagés pour la circonstance, mitsaki. La pêche, pratiquée pendant cette période est dénommée mbage. Le processus: au milieu d'un coin de la rivière non profond, les pêcheurs construisent divange, ensemble de cailloux placés en cercle et comportant une passe par laquelle s'échappera le produit enivrant. Ce breuvage est préparé avec: magèmbi, ngudu, bumi, tsofi, entre autres. Les femmes allument un grand feu sur lequel elles brûlent les fruits sécrétant la substance enivrante, magèmbi. Ceux-ci sont écrasés avec des longs bâtons, dans un chant d'encouragement: roka mbagé na magèmbié ikudeme, rokanu mbagé na magèmbié :faites ce breuvage avec lesfruits de mugémbi. La séance du mbage se déroule toujours pendant la nuit. Tôt le matin, tout le monde se rend le long du cours aval de la rivière pour y ramasser les poissons. Le butin est séché sur des fumoirs. Après cinq jours de camping, les pêcheurs retournent au village avec des paniers pleins de poissons et mafumbe, poissons préparés dans des paquets.

L'onomastique punu



Chez les Punu, on trouve d'une part des noms de circonstances (jumeaux, initiés, enfants protégés, devises), d'autre part des noms communs. Chaque individu porte soit un nom de circonstance, soit un nom commun. A cet identifiant est associé le nom du père lié par une "particule d'appartenance" qui varie d'un sujet à l'autre. Il n'existe pas de nom sans signification. Dans le système onomastique Punu, certains prénoms sont des devises tandis que d'autres sont en rapport avec les astres. L'on y répertorie également des surnoms attribués par des cadets à leurs aînés. Les devises, bakumbu, sont suivies de leur poétique, mukake, genre de récital décryptant les codes de cette devise. Le récital évoque une vision du monde, une description du mystère de la personnalité du porteur.Cette vision du monde provient de la lecture des signes du temps, de l'expérience de la vie. Le récital est le fruit d'une expérience accumulée de génération en génération. Le petit-fils peut hériter de la devise de son grand-père, le garçon celle du père,etc. . Les femmes et les hommes qui entrent dans les confréries initiatiques en sortent avec un kumbu en liaison avec leur parcours initiatique. La devise fait le lien entre l'imaginaire, le symbolique et le réel.

a). Les noms communs
- Kumb, vient du verbe u kumbe : éviter les problèmes.
- Nziengi, vient du verbe u siènge : délimiter un champ, ou encore, u siènge : insulter.
- Mundung, renvoie à mungé ndunge : celui qui a raison
 - Ibing, vient du verbe u binge: chasser, poursuivre. Ibing est la personne qui poursuit les autres.
Les ancêtres disaient:
-Kumb-Nziengi ou bien Kumb-aji Nziengi : Kumb le fils de Nziengi 
- Ibing-i-Nziengi : Ibinga  Ie fils de Nziengi
- Mihindu-mi-Nziengi : Mihindu le fils de Nziengi
- Nziengi-ji-Kumb : Nziengi le fils de Kumb.

b). Les noms de circonstances
Mabik vient du verbe u bik, manquer, absenter, un parent (décédé) ou des ancêtres.
-Musunde, du verbe u sunde, descendre, est le nom attribué à un enfant qui sort du ventre de sa mère par les jambes, mais non par la tête. Ce nom signifie «celui qui descend par les pieds »
- Musiali, vient du verbe u siale, rester, désigne celui qui est resté dans le ventre de la mère.
Si une femme portant des jumeaux fait une fausse couche et perd un enfant, celui qui reste porte immédiatement ce nom, sans distinction de sexe.
- Matsang : les larmes que les hommes versent depuis que le phénomène de la mort existe.
- Burobu et Butamb sont des noms donnés aux enfants qui échappent aux sorciers. On leur attribue ce nom pour signifier, sur le plan imaginaire, ce n'est que de la terre, il n'y a rien à tuer. Sur un plan symbolique cet enfant appartient à la terre, la mère universelle.
Quelques exemples de noms
Mabik - ma - Mabik
Burobu - bu - Mabik
 Butamb - bu - Mabik
 Musiali - [a] gu - Kumb
Matsang - ma - Kumb

c). Les prénoms punu
Diboti : le bien
Dimengi: l'aurore
Wisi : le temps
Yès : la chance

d). Les noms" infanto-affectifs
"
Généralement, ce sont des noms que les plus jeunes attribuent pendant la période enfantine à leurs aînés. lis déforment le nom commun initial en ajoutant une syllabe ou en le contractant.
Ce procédé dénote une stratégie qui permet ainsi aux intéréssés de faire appel à leurs aînés sous forme de code patronymique. Ces appellations sont autant une marque de respect que d'affectivité à l'endroit des aînés. Exemples:
Kogu : Koko
Mukanyi : Dékanyi
Matsang : Tsa -Tsatse
Mabik : Débik
Kumb : Ku - Kuk
La surnomination trouve sa signification dans des situations vécues au quotidien en milieu punu.

La science Makaba

La science divine chez les Bapunu(MAKABA) nous enseigne que DIEU(NIAMBI), l'Etre Suprême(FUMU NZAMBI) est le dispensateur de l'Amour(IRONDU), de l'Intelligence(NGANGU ou DIEL) et du Pouvoir(BUKONGU). Ces trois attributs nous conduisent respectivement vers le chemin de la spiritualité par l'Amour Divin, vers la puissance de la science matérielle et travail sur la matière par l'Intelligence Divine, vers la manifestation des ancêtres par le Pouvoir Divin.
Selon ses trois attributs, la MAKABA dit que FUMU NZAMBI (Seigneur notre DIEU) est NZAMBI SIEME (l'Amour), NZAMBI IVANGUE VANGUE (l'Intelligence) et NZAMBI A PUNGU(le Pouvoir). En Yipunu, le verbe U PUNGULE veut dire " manifester la toute-puissance, le pouvoir "; en sa qualité de DIEU tout puissant, FUMU NZAMBI porte le prénom de NZAMBI A PUNGU la toute-puissance qui gouverne l'univers(IWADU) visible et invisible.
Le MAKABA enseigne que l'Intelligence(NGANGU) de FUMU NZAMBI a créé l'Univers, son Amour(IRONDU) le conserve tandis que son Pouvoir(BUKONGU) le gouverne. Pour la science divine Punu, FUMU NZAMBI est un DIEU trinitaire manifesté:
*Lorsque FUMU NZAMBI se manifeste en tant qu'Amour et Sagesse qui soutiennent l'univers crée, il se nomme NZAMBI SIEME, DIEU le créateur, l'omniprésent manifesté par la couleur blanche;
*Lorsque FUMU NZAMBI se manifeste en tant que Pouvoir qui gouverne l'univers, il se nomme NZAMBI A PUNGU, DIEU le père tout puissant, l'omnipotent manifesté par la couleur rouge;
*Lorsque FUMU NZAMBI se manifeste en tant qu'Intelligence créatrice, il se nomme NZAMBI IVANGUE VANGUE, DIEU source de vie, l'omniscient manifesté par la couleur noir.
Au regard de ce qui précède, il apparaît clairement que Mupunu connaissait DIEU dans toute sa plénitude. C'est fort de cette puissance combinée de l'Amour, de l'Intelligence et du Pouvoir que nos ancêtres ont combattu et lutté dans la douleur pour que nous soyons tous fiers aujourd'hui. En Yipunu on dit : " Ditsoghe mueni, péki péki la bunangue , traduction: la douleur est éphémère, la fierté est pour toujours ". Suaaah .......ka!!!!!
Alain Roger Moussavou

LE FONCTIONNEMENT DE LA FAMILLE PUNU

1. Le statut et devoirs des membres de la famille
Les Punu sont matrilinéaires. Cette filiation a son origine dans le complexe dit de mame Bwang. D'après la légende, la mère Bwanga s'était donnée en sacrifice à Dieu par amour sur la tombe de son fils unique. De façon symbolique, les enfants appartiennent à la lignée maternelle. Les enfants sont du clan de la famille maternelle. Au même titre que le père, l'oncle maternel a aussi des devoirs et des droits sur les neveux et nièces. Il est le porte-parole, le représentant légitime de sa sœur devant toute assemblée d'hommes. Au sein d'une famille, lorsqu'il se pose un problème grave ou de droit (maladie, décès ou mariage), le chef de famille a obligation d'agir en concertation avec le frère ou autre représentant légitime de son épouse. L'oncle joue le rôle de garant ou de référant lorsque le père est absent. Le chef de famille et son beau-frère sont réciproquement en position "d'alter ego". Ils se surveillent et se craignent mutuellement. Lorsque l'un intente une action malveillante ou désobligeante (sacrifice, envoûtement...), il s'expose aux sommations de réparation de l'autre, au titre des clauses de la loi coutumière. La femme appartient à la famille du mari. En cas de décès du conjoint, elle peut revenir en mariage au frère ou neveu du défunt. De même, la disparition prématurée de l'épouse peut être l'occasion d'une succession matrimoniale; à condition que le veuf obtienne l'aval de sa belle famille. Le choix se porte souvent sur l'une des cadettes de la défunte. L'éducation des enfants est assurée par la famille restreinte et la famille élargie. Les enfants reçoivent protection des deux familles des conjoints. L'obéissance est la première règle. Tout adulte a droit de regard sur les faits et méfaits des plus jeunes.
Les mésactes du jeune sont considérés comme une atteinte grave à la dignité de ses géniteurs. La réhabilitation de la bonne foi d'un déviant fait souvent l'objet d'un bref rituel oratoire: u lève pési. Au nom de Dieu, des ancêtres ou d'un parent défunt, l’intéressé implore instamment: pési vèngu ni labe bakagulile bami, je jure au nom de mes ancêtres. Les problèmes d'adoption ne se posent pas car un enfant est toujours pris en charge par les parents maternels et paternels.
2. Le respect entre les membres de la famille
Le respect est un élément fondamental dans les dynamiques socio-familiales. La marque de respect est conférée par le droit d'aînesse et le nom que l'on porte. Dans la vie courante, toute femme âgée est la symbolique d'une mère potentielle. A ce titre, un droit de respect naturel lui est dévolu. Pour nommer cette dame, il est juste de dire: "mame, maman suivi de son nom de famille". TIen est de même pour un père de famille. On dira: tate, papa suivi du nom de famille. Le cadet ou la cadette confère le titre de jaji ou yaya pour nommer son aîné (e). L'aîné d'un ami est par extension l'aîné de tous. Il s'agit là d'une prérogative inaliénable des relations d'amitié et de solidarité à l'égard de son ami. L'ami est pris comme un frère de sang. Le respect par le nom, "le respect patronymique" paraît pour le moins le plus déroutant chez les Punu. En effet, un adulte peut naturellement être amené à témoigner du respect à plus jeune que soi par le simple fait que celui-ci, de par son patronyme, sa devise, évoque l'âme d'une illustre figure de la filiation. Ainsi, une mère de famille peut être amenée à appeler son petit garçon: tate, papa. il en est de même pour un père de famille qui appelle sa fille: mame, maman.
Dans ces deux cas, les enfants portent respectivement le nom des grands-parents. Ils sont la représentation vivante des disparus de leurs géniteurs. Pour nommer son homonyme on dit: dine ou mwa dine, mon homonyme. De façon élégante, on entend les Punu qui portent les mêmes noms s'appeler: dine Mabik, dine Busugu, dine Musavu, mwa dine. Chez les Punu, tout le monde tutoie tout le monde. Il n'existe aucune barrière de classes. Les noms se transmettent de génération en génération. Le nom est un indice d'appartenance à une famille, à une communauté. Le nom détermine le statut au sein d'une famille. Le nom est une composante de la personnalité. Bukulu, la généalogie, est racontée par les grandsparents à l'aîné de la famille si celui-ci est réceptif. Le plus souvent, la mère transmet à sa fille l'histoire du clan aux champs. Le père va révéler les secrets claniques et totémiques à son fils ô dibugu : le lieu où se déroule la récolte du vin de palme.
3. Le vocabulaire familial
boji : le beau-fils
dibàle : l'homme
ditati : le bébé
 ibandu : le clan
iduki : le puîné(e)
ifumbe : la famille
ivale : le rival
ivunde : le grand,l'aîné
jaji: grand-frère, grande-soeur
kage : grand-père, grand-mère
kagulile : arrière-grands-parents
katsi : l'oncle
mame : maman 
mavase : lesjumeaux
marine: le benjamin, benjamine
moji : le lignage
mugatsi: l'épouse m
mugétu : la femme
mulumi : le mari, l'époux
mugulu : l'ancêtre
mutégule : petit fils, petite fille
mwane : l'enfant
mwane katsi : le neveu, la nièce
ndande tégule : l'arrière petit fils, petite fille
ngébi : le petit, le jeune
nguji : la mère
nzaji : le beau-frère
pale: la rivale
taji : le père
taji kétu : la tante paternelle
tsomi : l'aîné (e)

Le vocabulaire du temps et des astres

ilumbu : le jour
tsone : la semaine
muwéli : le mois
tsungi ou ngondi : la lune
Niangu : le soleil
madudumbi : les nuages
mbwélili : une étoile
kaki : l'éclair
mungudi : le cyclone
julu nzambi : le ciel
disàle : la rosée
idumu i mfule : la tornade
mfule : la pluie
magunde : siècle, millénaire
mwètse : le clair de lune
tandu bulongu : nord
bande bulongu :sud
mbàle bulongu : est
gétu bulongu : ouest
ilingi-lingi : le centre du monde
kédi : le matin
tsisige: le soir ou l'après-midi
mukolu : la nuit
gari wisi : minuit
wisi : le temps
makièle: l'aurore
ditébugulu di wisi : l'aube
dimèngi di wisi : le crépuscule
dirambe : le marais
divèmbili : la rafale de pluie
dimungi, dungèmbi : le brouillard
yotsi : le froid
yusile : la chaleur

La conversation

 La conversation
-géngise ô magétu : regarde à gauche.
-ni bétsi masige ô dimbu :j 'étais hier au village.
-mame 0 ruge mune mosi : maman viendra après demain.
-tate ake vàle : papa est loin.

les jours de la semaine (bilumbu bi tsone)
-tsone : dimanche
-nduke tsone : lundi
-ndande tsone : mardi
-gari tsone : mercredi
-ndande i mane tsone :jeudi
-nduke i mane tsone : vendredi
-imane tsone : samedi

 les mois de l'année (miwéli mi ilime)
Les mois de l'année correspondent à des périodes bien définies. Chez les Punu il y a six périodes au cours d'une année qui regroupent les mois deux à deux.
tsùmbi : septembre et octobre
dijo di géyi : novembre et décembre
dijo di néni : janvier et février
sakule bibogu : mars et avril
banyige bibogu : mai et juin
yisasàku :juillet et août
 
Les saisons
itsubi : la saison des pluies
 mangele : la saison sèche
kéki tsubi : la petite saison des pluies
 kéki gangi : la petite saison sèche
mupume : l'année

La physionomie d'un village punu

Les villages punu étaient grands ils pouvaient compter une centaine de cases et regrouper plus de milles personnes.  Ils consistaient en une vase cours centrale brodées de deux ranges de cases, séparées les unes aux autres par un espace.

Au bout de la cour se trouve une case : Mulebi réservait aux hommes et servait aux réunions et aux réceptions, c’était presque une propriété du fumu-dimbu qui y passait la plus part due son temps.

Les cases étaient faites en murs d’écorces  ou de bambou soutenus par des piquets. La terre battue remplace l’écorce et les bambous. Les toits étaient recouverts des feuilles puis de pailles (feuilles de palmiers tressés ). Le sol était nu.

La cellule de base était commandée par un système de parenté dont le clan et les lignages étaient les éléments fondamentaux.

 










Le saviez-vous?

Le temps Petain et le temps de Gaule chez les punu 

 

Justement, il s'agit bel et bien d'une comparaison entre ces deux grands français de l'époque de la guerre. Je me rappelle maintenant que ma défunte maman aimait dire "na de Gaulle na Pétain, qui plus?", pour demander qui était le plus grand des deux, en taille et en renommée. Mais dans le contexte actuel, quand les parents disent "djétu va pèt" et "ban ba dighol", c'est pour souligner la différence des époques. "Pèt" dans ce contexte s'entend comme les temps anciens, leur époque, tandis que "dighol" sert à désigner notre génération, notre époque. Donc ils nous diront facilement "ban ba dighol ba wé mwé ghobis bivund; djétu va pèt tu banga na wom uva bufufu".
 Contribution de Bison Dibal

Le saviez-vous ?


Nyanga, Yanga ou encore appelé Manianga chez les Bapunu est l'un des derniers reliquaires du clan Bumueli spécifiquement Muvel Maloangu qui imposa une résistance farouche aux colons, tout au long du fleuve qui porte son nom, avant son arrestation puis sa déportation. Pour la petite histoire, les sages Punu racontent que Nyanga, après avoir abattu sa victime, lui coupait les tibias pour allumer son feu...aussi dit-on qu'il fut esclave puis roi du clan. Et pour faire asseoir son pouvoir, il élimina physiquement les anciens dignitaires de son défunt maître qui l'avaient connu dans sa condition d'esclave.

Notre contributeur:  Alain Roger Moussouvou.

La tyrannie par Nding Dyatelm

La tyrannie Qui ma trahi
Qui ma choisie Quelle razzia

Les roses de nos champs sur les ailes de l'exil
Emportés vers des lointaines grèves venteuses
Où elles ne savent que mourir
Les colombes à nos bois dans la tourmente
Arrachés pour de plates prairies neigeuses

La tyrannie qui ma choisi
Qui ma trahi Quelle contrée

Les bourrasques aux cimes accrochés
Dédaigneuses de bondir  dans la vallée
Disperser la meute
L'incendie aérien qui de nuage se vole
Dédaigneuse de fondre dans la futaie
Démissionner les ténèbres

La tyrannie qui ma choisi
Qui ma trahi Que je ne sais pas haïr

Oui il y a dans ma cora
Des accents de corrida
Oui il y a dans mes cauris
des fortunés destins
 que je ne sais pas lire.

Nding Dyatelm



Butsian II

"Je ne chante plus
Je pleure
Je ne pleure plus
Je chante
à quoi bon pleurer
Pleurer c'est réveiller d'autre douleurs
Mère
Je me résigne
Je suis l'oubli
Tu es la mémoire
Je suis le maillon
Tu es la chaîne
Je suis l'arbre
Tu es la foret"

Moundjiegou Pierre Edgard

Le saviez-vous ?

  Reine Nzinga de son vrai mon punu Nziengi Nding di Nsola

Nzyengi est le pluriel de dusyengi "grains de sable". Les Bisira disent tsyengi. Les Myene disent ntsenge. Nziengui en yipunu est à inclure dans l'ensemble qu' on appelle "mina m'obokisa". À l'origine, on attribuait ce nom à un garçonnet qui naissait après plusieurs décès ou fausses couches dans la famille. C'est un nom conjuratoire. La terre nous voit naître, grandir, vieillir. C'est aussi elle qui nous ingère lorsque nous avons cessé de vivre. En pensant à tout cela, les êtres humains devraient cultiver chaque jour l'humilité. Le nom Nziengui nous rappelle froidement que nous ne sommes que poussière et que nous retournerons à la poussière.

L'homme punu de l'année 2017 Emile Kassa Mapsi


Le 15 février 2018, M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, a remis les insignes de commandeur de la Légion d’honneur à M. Emile Kassa Mapsi.

M. Kassa Mapsi a occupé des fonctions de haut rang pendant plus de 30 ans, en tant que Ministre et vice-Premier ministre, Ambassadeur, Conseiller spécial du chef de l’État, Sénateur, Conseiller municipal de la commune de Mouila ou encore Président de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des relations internationales du Sénat.

Les meilleurs punu en 2017

L'homme punu de l’année 2017: Kassa Mapsi
L'homme politique de l’année 2017 : Bruno Ben Moubamba
Meilleur Reine de la tradition punu: Annie flore Batchiellilys
Meilleur pop star punu: Iliona Blanc
Meilleur intellectuel : Jean Michel Nzikou
Meilleur Ambassadrice réseaux sociaux : Julie Kassa Mapsi
Meilleur écrivain punu :  Armel Nguimbi,
Meilleur danseur d'ikokou: Manfoumbi Fernand,
Meilleur styliste: Chouchou Lazare,
Meilleur  conteur punu: Hugues Mariatchi
Meilleur businessman : Koumba Appolinaire
Meilleur promoteur de la langue punu: ,  Fee Moughissy,
Meilleur chercheur : Didier Koumba Mabert,
Meilleur débatteur traditionnel : Jacques detsoucka
Meilleure voix feminine: Botsine Mbadinga,
Meilleure voix masculine:  , Brack Mackaya ,  
Meilleur chant traditionnel :  Stanley Koumba
Meilleur clip de musique: Alain Randy - faut pas faire ça ,
Meilleur Athlète: Guy Roger Nzamba (art martial),