ORIGINES PUNU

Selon Mabike ma Kombile  les Punu habitent les régions de la Nyanga et la Ngounié, au sud du Gabon. On les rencontre aussi au Congo, en Angola. Ils appartiennent au grand peuple bantu. Ce sont: batu ba tate nzambi, c'est-à-dire: les humains du père créateur.
         L'histoire de ce peuple est pour le moment mal connue. Selon l'abbé Proyat, cité par le père J. Bonneau in Grammaire Pounoue, Brazzaville: ICF, 1956, on lit: « au XVIIe siècle les yakas, bajage (groupe dans lequel on trouve les Punu) étaient établis sur les bords du fleuve Kassaï, gros affluent de la rive gauche du cours inférieur du fleuve Congo. Attirés par la mer, comme toutes les populations de l'intérieur africain, ils tentèrent d'envahir l'Angola. Le général portugais Gouveia les repoussa en leur infligeant de grandes pertes, grâce aux armes à feu de ses troupes. Les yakas s'enfuirent. Une partie de la tribu retourna dans la région du Kassaï ; les autres, qui nous intéressent spécialement, mettant le Congo entre eux et leurs ennemis, remontèrent vers le nord et s'enfoncèrent dans la forêt équatoriale. De là, ils se répandirent dans les régions qu'ils occupent actuellement. Plus tard, ils prirent le surnom de pounou, qui signifie: les tueurs ».
           Des chercheurs contemporains, historiens et anthropologues, objectifs dans leurs démarches, confirment cette démarche historique en révélant les faits dans leur réalité intrinsèque. Soyons plutôt à l'écoute des populations que nous voulons prendre comme objet d'étude.
              Les Punu ne sont pas des tueurs nés ou surnommés. Des thèses fortement connotées ont voulu le suggérer. Des recherches de plus en plus concluantes prouvent a contrario que, comme toute société organisée, les Punu avaient leurs soldats pour se défendre contre l'envahisseur. En vérité, les soldats sont ce qu'on appelle: batu ba dibadi, c'est-à-dire: les hommes de feu.
            Dibadi était dans l'imaginaire punu, un esprit guerrier ayant un corps de feu. C'est ce guerrier qui guidait mystiquement les soldats dans leurs croisades. On entend très souvent les gens dire: dibàdi dia tèleme, c'est-à-dire, la force de l'esprit est en nous, le combat sera rude, sans pitié. Non et non, le terme punu ne signifie pas tueur. Cette traduction relève d'une confusion avec le terme puni: le tueur en série. Un combattant digne devait s'identifier à pwange puni, un animal mythique carnivore pour posséder sa force, force et rage qui lui permettraient de combattre l'adversaire ou de le tuer. C'est le rôle de tous les soldats du monde. Punu est un terme sacré, forgé par les ancêtres à partir de plusieurs autres paraboles ayant une signification mystique - qui reste secrète. Retenons simplement que les Punu sont des Bantous. Les Punu, lors de leurs différentes migrations avaient un système de repérage qui consistait à attribuer les mêmes noms de rivières, de fleuves, de montagnes, de villages, de chutes, d'un lieu à un autre. Les lieux de séparation entre Batu étaient les embouchures de grands fleuves. La littérature orale nous enseigne que Batu sont comme les doigts de la main. Tout au long de ces déplacements, la langue évoluait d'un lieu d'habitation à un autre. La transformation de cette langue s'est faite d'abord par la disparition de certains affixes (suffixes ou préfixes) et ensuite par les emprunts effectués lors des rencontres avec les autres peuples. Par contre les radicaux sont presque restés les mêmes d'une langue bantu à une autre. Le yipunu est aujourd'hui marqué par les mots des langues des colons comme le portugais, l'anglais, et le français.
       Les premiers écrits dans cette langue ont été réalisés par les missionnaires tels que le père Jean Bonneau. Cette langue est comprise et parlée par les peuples apparentés comme les Gisir, Tsogo, Nzébi, ViIi, Lumbu, Varama, Vungu.

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Pour le père Bonneau, la migration des Bapunu a été, au sortir du Kongo, accomplie en ordre dispersé. Chaque groupe avançant le plus rapidement qu’il pouvait sous la crainte d’être rejoint par les poursuivants:
Portugais et Bakongo. La progression continue a permis l’occupation, d’une manière homogène, des vallées de la Ngounié et de la Nyanga. D’après Hubert Deschamps (1962, p. 25), les Bapunu, guidés par des Pygmées appelés Babongo, ont suivi les savanes de la Ngounié. Pour appuyer cette thèse, il cite deux versions de la tradition orale parlant de cette migration et collectées à Ndendé et à Mouila. «La tradition de Mouila, écrit-il, célèbre les Boumouélé qui descendent d’une femme Simbou et de son fils Mouélé qui a donné son nom au clan. Les Boumouélé traversèrent la Ngounié». «La tradition de Ndendé, poursuit-il, dit que Minga et sa femme Bouanga sont les ancêtres des Bapounou. Leurs descendants habitèrent Niali sur la Nyanga ; à Kouango, au bord de la Ngounié, eut lieu la séparation. Le clan dominant Boumouélé passa la rivière. Le clan Boudjala resta en-deça pour conserver son indépendance». Cette thèse, qui présente Ndinga, et non Minga, et Bwanga comme les géniteurs des Bapunu, ne fait que confirmer les informations que j’ai recueillies dans les villages et les villes, à savoir que l’expansion punu s’est faite en clans  . Deux versions de la tradition orale, collectées à Mabanda, Kabou Nzambi, Tchibanga, Moabi et Ndendé, montrent comment les Bapunu migrèrent en clans. La première version, collectée à Moabi et Ndendé, parle de la division par Dibadi, le guide pygmée, du peuple punu  à neuf clans qui sont: bajê:ngi, badû:mbi, buja la, bumwe1i, di bâmba kadi, di jaba, dikâ:nda,minzû:mba et ndî:ngi.
Ndinge, Ilahu et Ngeli sont tous des hommes et se trouvent êtres les ascendants des punu.
Les origines des punu sont assez controversées, mais nous pouvons retenir que les punu viendraient de Bunguri Kassai suite à des guerres , par la suite ils ont fondé Ndunde, puis ils arriverent a Divenié au XV e siècle et de Diviniéils se sont séparés avec les quatres clans en prenant des trajets différents. Ils ont cohabité avec les lumbu et les vili. Ils trouvèrent les Lumbu sur cette région. Les vilis vinrent par la suite trouver les lumbu et les punu installés sur cette partie, region du mont fuari.
Les lumbu et les vili dirent au Bujala:
 » partez mais sachez que nous avons la grand mère Kakamueka. Kakmuekadésigne le lieu actuel de séparation entre les vili et les lumbu. »
Kaka Moueka serait actuellement le lieu de separation des Bujale et les villi et lumbu. Il se situe sur la rive droite de la riviere Kouillou.
Selon Mbumb Bwass les punu sont assimiles aux intrepides Kagas, Ces Bajags, nous dit-il:
Issus de :
« La race nilotique Kwafi- Massai du haut Zambeze. » Thèse qui reste à confirmer. Selon Mbum Bwass les jagas étaient les ancetres des Bavili, bayombe , Bakunyi, Bavarama, Batsangui, banzebi, Massangu, Bapunu, Balumbu, Gisir rt Bavungu, Bayaka de Sibiti komono. »
Ils auraient migré par Kembele, Dungila, Ilumbu, Uga-i-muru-mutu, Kande,Nguengé, Il seraient sortie sur la plaine du Gabon par le mont fuari. Certains punu longèrent la cote et d’autres pris la direction de la plaine de la Ngounié et de la Nyanga.
Les ancêtre des punu étaient Bouanga et Ndinga, ils engendraient Ilahu, Ilahuengendra Ngéli, Ngéli Ilhau aurait été poursuivi pour avoir commis des assassinats. Dans sa fuite il serait réfugié dans le creux d’un énorme arbre appelé Ilunga-I-Murumba, Ngheli auraient engendres neufs filles qui seraient les ancetres des clans matrilenaires:
ce sont les clans
Dikanda, Micimba, Bujala, Bumueli,Micumba, Dijaba, Dibamba di Kadi,Mululu et Ndingi.
Ils sont à l’origine au nombre de neuf , mais pour diverses raisons (recherche d’un parent, fuite devant un danger, conflits, incestes, décès..).
Makame-Ma -Ngéli ancêtre Dikande
Ilebu-I-Ngéli ancêtre Bujale, est la seule fille.
Bundu-Bu-Ngéli ancêtre Micimba
Mueli-Ngéli ancêtre du clan Bumueli
Munciegu-Ngéli ancêtre Dijaba
Mumbice-Ngéli ancêtre Micumbe
Ubindu-U-Ngéli ancêtre du clan Dibambe Kadi
Murali(Ncambe-Ngeli) ancêtre Ndingi

Il existe deux autres versions  qui méritent plus de recherches:

L'histoire de la race noire nous enseigne que les punu faisant partie des enfants du Kongo (Bena Kongo) qui viendraient de l'ETHIOPIE où les enfants du ciel étaient venus s'accoupler avec les enfants de la terre. De là, sortiront nos ancêtres qui vont se répandre en Nubie (EGYPTE), en Madiani, Kanana (actuel ISRAEL), en Nzambu (INDE), etc. Ainsi, va commencer la grande migration vers le sud par un rassemblement en ETHIOPIE des BENA KONGO sous la direction de MBIR DJULU (Aigle Royal) qui ordonna la grande majorité des BENA KONGO de quitter le Nord pour le coeur de l'Afrique (CONGO, GABON, ANGOLA...) via le ZIMBABWE.
Après le ZIMBABWE, les BENA KONGO se rendirent dans le désert du Kalahari .Une partie des BENA KONGO iront vers le Sud où ils se mélangèrent aux Hottentots, Bushmen donnant naissance au Peuple ZULU d'AFRIQUE DU SUD...
Donc, l'on retrouve les Punu en Afrique du sud, au Botswana, au Mozambique, au Lesotho, en Tanzanie, au Zimbabwe, en Angola, en RDC, au Congo Brazza.


La deuxième version:
La race nilotique Kwafi- Massai du haut Zambeze la zambèze se trouve tout au sud de la RDC et de la Tanzanie et le Zimbabwe, les kwafi-Massai existe encore de nos jours, peut-on leur trouver des similitudes avec des pounous? En Swayili Kwafi voudrait dire ceux qui sont venus d'ailleurs.... Encore une fois, je répète que l'on peut organiser ces informations et combler les trous. D'après l'histoire des origines qui est raconté ici, les pounous sont tous issue d'une seule et même famille... Combien de temps faut-il à une famille de neuf enfants pour peupler environ 500 000 individus en 6 siècles

La troisième version

Les origines des punu: royaume kongo dia luangu ou kongo dia mpanzu(troisième province du royaume kongo) à la montagne sacrée de kongo dia ntotela avec pour capitale mbanza kongo ou mbanza yenge, ville de paix(ANGOLA actuel). Puis immigration vers divénie... 
Par ailleurs, le peuple Punu n'ayant pas une tradition d'écriture, et la transmission orale ayant ses travers tel que la distorsion ou simplement la disparition des personnes source, nous devons à la vérité reconnaitre que peu d'éléments scientifiques nous sont laissés pour assoir toute thèse vu que les travaux les plus récents existent depuis peu.
De ce fait, point d'exégète.
Que nous reste t' il alors si ce n'est ressasser mieux transcrire avec la rigueur épistémologique ce que nos pérégrinations nous ont apporté.

Le peuple Punu loin d'être ex nihilo a pour ancêtre les Bantu et la traçabilité de son mouvement migratoire remonte vers l'An 200 après Jésus-Christ. Parti de l'actuelle Zambie, il a migré vers le Nord-Ouest en quête d'un léger mieux, un long chemin qui l'a disséminé le conduisant jusqu'au Gabon bien sûr en passant par Cabinda puis Divenié au Congo Brazzaville.
Arrivé au Gabon appelé alors Pongo (d'où le terme aller ô Pungu utilisé par les Punu du Gabon lorsqu'ils se rendent à Libreville supposé être le vrai Pays) là,il s'est installé dans les régions du Sud du pays

Quant à l'appellation Bayaka ou bajaga, peu de punu brocheraient à ce nom réducteur.
En effet, considéré à la fois comme un terme d'exclusion et raillerie des Lumbu ou Vili, le Punu ni attache de sens véritable que si et seulement si il a un jour été en interaction avec ceux ci qui en le nommant ainsi, l'assimilent à un sous homme en référence à leur ancien espace environnemental à savoir la forêt pour l'un et la savane pour les autres. C'est en cela c'est presque affabuler que de penser que le peuple Punu aime à se surnommer ainsi.
Au Gabon par exemple, on retrouve bien les mêmes termes d'exclusion tel que: Bilob, ou Anongoma chez respectivement les locuteurs de la langue Fang et les Ngomiènè.
Bayaka est pour ainsi dire, un nom donné au Punu qui dans l'esprit du railleur renvoi à l'idée d'un pygmée pourtant ancêtre des Bantu. Car qui est Bantu si ce n'est celui-là qui pour désigner l'Homme, dira; Mutu, Bantu, Môto, etc. 
Je suis d'accord avec MIKINGUI MI MAKONZA , les punu ne viennent pas seulement du congo Brazzaville, bien évidamment du Zaire et de l'Angola, il a m'a été rapporté par quelqu'un lors d'une mission en Angola, d'avoir trouvé un quartier ou vivent beaucoup de pounou, et qui dansent de la même manière le Ikoku et le Malamu que les punu du gabon- également au zaire- ils ont la similitude en ce qui concerne le caractère guérier ils ne se laissent pas marcher sur les pieds-

4 comments :

  1. Tres interessant cet article sur les origine des Punu.

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  2. C'est merveilleux ce travail. Il est important de trouver une formule pour organiser des rencontres avec d'autres chercheurs de l'aire culturelle punu.

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  3. si d'adan et eve la terre se remplit alors de nding et bwang on peut très bien avoir 500 000 descendants après 600 ans.Les guerriers jagha faisaient beaucoup de captifs qui étaient incorporés aux différents clans,grossissant ainsi les effectifs; punu= guerrier ou tueur.

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  4. Au Gabon nyang na nguni sont deux noms punu en souvenir de leur appartenance au groupe nguni dont les zulu d'af sud sont un pan.

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